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komotzki

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Chez soi loin de chez Soi


les photos récentes d’Andreas Komotzki expriment effectivement cette impression paradoxale.

Au premier abord, le titre qu’il a donné à son travail est un peu agaçant. Car nous n’y trouvons aucun intérieur, aucun foyer avec leurs habitants, aucune demeure d’où émanerait cette aura d’un chez soi, notion que nous associons normalement à un lieu déterminé, un lieu fixe.

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Komotzki

Des paysages, des routes, une maison isolée ou la silhouette d’un hôtel – Komotzki prélève ses motifs dans le bref inventaire de ses photos récentes. Il est frappant qu’il prit chacune de ses vues alors qu’il se déplaçait – les flous, les effets brouillés indiquent qu’il s’agit d’images prises en route, lors d’un voyage, et non chez lui. Même si quelques photos se distinguent par leur excellente résolution, l’éloignement du motif en vient lui aussi à exprimer le mouvement, le passage.

En effet, lors de ses voyages depuis 2005, à partir du train ou de la voiture en mouvement, Komotzki photographia sans employer de filtre tout ce qui entrait dans son champ de vision. De cette banque d’images, il sélectionna ensuite quelques motifs-clé.

Ses paysages sont d’abord porteurs d’immédiat ; ils ne sont surtout pas ces expressions typiques de notre mémoire visuelle et culturelle dont sont remplis les albums-souvenir de tout pays. Les lieux qu’il nous montre ne portent aune indication de leur situation exacte – ils manquent au contraire d’identité spécifique. Car ce sont les espaces transitoires qui passionnent Komotzki, ainsi que les sensations qu’ils éveillent en nous.

A la fois étranges et familières, en mouvement et immobiles, dynamiques et repliées dans leur silence, «  chez soi » et « loin de chez soi », ce sont ces contradictions qui confèrent aux œuvres de Komotzki leur tension et leur force. Il s’agit d’une réflexion sur nos notions d’espace et de temps, qui arrive à les éclater et les transcender – une réflexion sur les conditions de notre existence.

Au plan technique, ces images sont issues d’un processus lui aussi contradictoire. Partant de prises de vues intuitives, faites en noir et blanc avec un appareil analogue au 35 mm, elles subissent ensuite une patiente élaboration. A l’aide d’un traitement digital, chacune est réduite à l’essentiel – par exemple l’élimination de nuages – pour arriver à une simplicité silencieuse et quasi-abstraite. L’impression est faite par jet d’encre photo – résistante en cinq couleurs et trois tons de gris, sur papier à la cuve ; l’édition se limite à un nombre très restreint d’exemplaires.

Extraits d’un texte écrit par Suzanne Buckesfeld

exposition/exhibition
http://www.andreas-komotzki.de/index2.htm
andreas komotzki, œuvres

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