logoMichel Joyard " 20 ans et plus "
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EXPOSITION  /exhibition : 8/02/2008 - 5/03/2008

"20 ans et plus"

vernissage  /opening le 8/02/2008



 

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20 ans de Michel Joyard – le parcours d’un humoriste ?

Le monde de Michel Joyard, s’il semble d’un accès facile, est pourtant infiniment
plus dense et plus complexe qu’il n’y paraît. Sa verve facétieuse, son ironie enjouée,
n’en sont que l’aspect superficiel. Certes, allusions littéraires ou picturales y abondent,
ainsi qu’emprunts à la mythologie ou aux classiques – le gros crapaud de la toile de
1987 « Histoire Naturelle » par exemple, sort droit d’un texte satirique de Juvénal.
Mais au-delà de cette érudition savamment dissimulée se dessine son véritable propos
– une vision sans optimisme de l’humanité.

L’homme, en effet, y apparaît le plus souvent comme une victime.

Tout d’abord l’homme victime de l’homme (la toile de 1988 « Faits Divers »). Surtout,
l’homme victime de ses convoitises, de ses ambitions. –la grande toile de 1989
«  la Fièvre de l’Or », où sous une pluie dorée, les possédés dansent une ronde
frénétique, sorte d’abandon rituel au veau d’or. Ou plus simplement, le perpétuel
insatisfait de « l’Etagère » de 1985, s’efforçant d’atteindre un butin hors de sa portée.
L’homme victime de ses fantasmes, de ses pulsions intimes, conscientes ou
inconscientes (dans une série de gravures, Freud, juché dans un arbre, assiste
impassible à la scène se déroulant plus bas). Et, principal protagoniste d’une
longue série de toiles et de gravures, le loup, ne serait-il pas un avatar parmi d’autres,
de l’homme sous l’emprise de ses pulsions inavouées ? Au demeurant, le loup de
Joyard semble plutôt enclin au rêve qu’à l’acte.

L’artiste lui-même est victime de sa passion : « Dame Peinture » (1992) met en
scène le peintre-victime, au regard halluciné, exorbité, son c½ur un amas sanglant
de pigments – alors que derrière lui la Dame triomphe, idole païenne brandissant
l’effigie de sa proie.
Pour sa grande bannière de 1993 « la Nef », Joyard, à la suite de Bosch entre autres,
illustre le thème de la Nef des Fous, allégorie traditionnelle de notre monde, où les
passagers se livrent à leur démence, sans se soucier des points de départ ou d’arrivée
de leur embarcation à la dérive. Sous le rire donc, affleure la tragédie – laquelle est l’enjeu
déclaré du livre qu’il grava en 2000 à l’occasion d’un voyage en Macédoine, « les petits
chevaux de Strumika », d’une poignance d’autant plus grande qu’elle ne transparaît
qu’à demi-mot.

Le petit répertoire de ses points de référence chez les Maîtres du passé, qu’est
la série de pastiches qui complète l’exposition n’est pas exempt d’humour non plus
– « Bonjour Monsieur Courbet » - ou de tendresse : l’autoportrait de Rembrandt.
Outre la virtuosité de son pinceau, Joyard montre sa conscience profonde de la
continuité qui le relie aux peintres et aux hommes de tous temps.

Si le regard  que l’artiste pose sur l’humanité est dépourvu d’illusions, il n’est surtout
pas celui d’un moraliste ou d’un censeur, car lui-même se voit comme participant
des mêmes faiblesses, assujetti à la même fatalité.

                            Frédéric Voilley (février 2008)

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