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visuelles et/ou textuelles traduisant votre ressenti 


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Nuages
Brumes de nos rêves
Où flottent
Nos souvenirs
De rocs
Et de soie
Carrés
épars
Photos
petites
Précises
Instants figés
Noir et blanc
Triste et gai

Déchirures
Bistres
vignette_plexigris_viennois

Texte écrit par
Pierrette Mathiot
en résonance à l’½uvre
d’Isabelle Viennois

Un lac est né cette nuit
noir timide miroir
bordé de fine gelée
c'est dans les prés
c'est dans les bois
où rodent des hordes
affamées de souvenirs
c'est dans les prés
c'est dans les bois
où flottent les brumes
frileux espoirs



Texte écrit par 
Dom Corrieras
en résonance à l’½uvre
d’Isabelle Viennois



Sogni

Abitano i miei sogni
Le parole del mio tempo
Che insature dei giorni
Divorano le mie notti.
Materia inquieta,fuoco,
Che disegna cerchi
Per una belva indomita,
Che non conosce catene.
Cosi bruciano parole e sogni.
E nei notturni bagliori
Donano faville di passione
All'immota forza del vento
Custode di ogni intemperanza.

Angelo Guarnieri
exrtait du recueil de poésie
"Nel tempo del privato

Rêves

Ils habitent mes rêves
les mots de mon temps
qui s imprégnent  des jours,
ils dévorent mes nuits.
matière inquiète, feu,
qui dessine des cercles
pour une bête indomptée
qui ne connaît pas de chaînes.
ainsi brûlent les mots et les rêves.
et dans les lueurs nocturnes
ils donnent des étincelles de passion
à la force immobile du vent
gardien de toute intempérance.

Angelo Guarnieri poéte et psychiatre originaire de Sicile,
vit et travaille à Gênes en Italie.

corrieras_germination
Corrieras
"germination"
en écho au poéme
d'Angelo Guarnieri

La gueule

Il se tait
Je me tais
Je me tais
Il se tait
Il se tait
Parce ce que je me tais
Il faut qu’il se taise
Pour que je me taise
C’est à se demander
Pourquoi il se tait
Quand je me tais
Et pourquoi je me tais
Quand il se tait
C’est long le silence
Quand je me tais
Et qu’il se tait
Si c’est lui qui se tait
Je me tais
Séduite par le vide qui gagne
Je me tais
Pour qu’il se taise
Quand il y a trop à dire
Pour qu’il n’en rajoute pas


Sur ce que je tais

Quand il faut que je me taise
Quand les mots me submergent

Et que je les noie dans le silence
Le rictus de l’absence
Etire nos gestes
La réplique se fait attendre
Nenni ! que le glas sonne
Je me tais
Mais il se tait lui aussi
Dit la vaisselle qui s’entrechoque

La porte claque
Sur tout ce qu’il y aurait à dire
Il vaut mieux qu’il se taise

Quand il se tait
La tour s’écroule

Mais l’issue reste condamnée
Alors je me tais
Et il se tait
Il se tait

Et je me tais
Je me tais en mimant cette agonie
Il se tait en y répondant contrit
Nos souffles se chargent de colère




L’impatience se fait de nos petites misères
Lui dire… lui dire que…
A quoi bon

Mieux vaut encore me taire…

Patricia Dao, journaliste et poéte 28 février 2006, Antibes

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les cruautés de Tilde en réponse à " la gueule",16/02/2007
oeuvre en tuyau, PVC, colle, pigment... Hauteur:2m largeur:1,50m P.1m.


Moi, le loup blanc

des lunes mortes
je sortirai de ma tanière
j’avancerai le nez au vent
et me glisserai
entre les vigies pâles de l’aube
ventre à terre
je reconnaîtrai
la sente clandestine
à travers garrigues et pierriers
dans l’obscurité du soleil levant
au-dessus des cimes incandescentes
je flairerai les roses limpides
des premiers chants d’oiseaux
qui font vibrer les harpes de l’air
la vallée recouvrira mes lèvres fumantes
du froid nectar de la rosée
et j’aurai les gestes 
de la lumière sur la neige

 

lorsque je rejoindrai
la demeure des hommes
je ferai comme eux

je regarderai loin

très loin au-delà des choses

jusqu’à ce qu’un seul mot nous change.

In "Moi, le loup blanc" recueil inédit, André Chenet


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le loup, gravure, Michel Joyard

Le goût de vivre

Qui suis-je dans mon rien
ma présence mon absence
entre les mains d’un néant
qui joue à pile ou face
les revers de mon visage

Étais-je cet homme esbaudi
au lieu de sa naissance
à peine sorti du ventre de la mort
pétri d’amour et de chagrins
contre les seins de la patience

Épris de vaines visions
sillonné de sentiments d’effrois
balafré d’incertitudes
qui aurait pu comprendre
ces déchirements surhumains

Je n’ai jamais rien fait
pour amadouer ce feu
dans lequel je me dévore
jusqu’à ce que le vent
en disperse les cendres

Je ne suis qu’une forêt
de nerfs et de chairs à vif
avec ses troncs calcifiés
qui se resserrent se soudent
jusqu’au c½ur vierge des pierres

Un cimetière ventriloque
avec des arrosoirs en fer blanc
des fleurs douteuses
des inscriptions miraculeuses
un survivant en panne d’avenir

J’ai vécu à rebours
l’époque ne me seyant pas
je sème des paroles ardentes
dans les friches de l’esprit
où les ancêtres se terrent

Des paysans des marins des aventuriers
des va-nu-pieds des brigands
toute une cohorte de révoltés
des gueux non grata
parmi les élites aristocratiques

Qui suis-je sinon cette solitude
sans laquelle aucun amour ne croît
sans laquelle l’existence d’ici-bas
n’aurait que le goût bien fade
d’un azur trop bleu à perpétuité…

André Chenet

Antibes, le 26/02/09

In "Guide pratique de la magie blanche" Poèmes 2009

Illustration: peinture à l'huile sans titre de Frederic Voilley


voilley

Le sphinx dort épuisé

La question n’a plus d’intérêt

L’uniformité rompt les différences

L’humanité gagnerait à être grise

Grise grise

Dit le sage en crachant dans la balance

J’en pleure j’en ris

J’enrage je prie

Je mélange le pur et l’impie

L’ange apprécie le démon aussi

Mais pas le gris non pas le gris

Le gris qui ne supporte aucune révolte

Aucun pli dans les draps du lit

Et les voilà qu’ils baisent

L’ange et le démon


Qu’ils goûtent à l’autre à moi

A ces nous étouffant sous les gris

Lourds si lourds d’ennui

Blanc et noir noir et blanc

La vertu se grise

Se corrompt se profane

Et ce n’est pas gris non

Ce n’est pas du tout gris

Mais jaune rouge vert

Un arc-en-ciel vautré sur les gris

Tous les gris gris gris

Qu’il digère qu’il chie

Qu’il recrache sur d’autres rives

D’autres îles perdues dans le souvenir de mes mille vies.

Patricia Dao , mars 2009


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